Les jardiniers sont à l’affût des adventices qu’ils veulent éradiquer de leur terrain, certaines se propagent très rapidement en étouffant le reste et méritent d’être supprimées afin de laisser la place à vos cultures. Voici donc une sélection des 10 pires mauvaises herbe du jardin !

Le chiendent
Le chiendent remporte sans doute la palme de la mauvaise herbe la plus connue : il s’agit d’une graminée vivace très invasive du fait de ses longs et profonds rhizomes traçants, très ramifiés qu’il est difficile d’anéantir puisque le moindre morceau de rhizome resté en terre va repartir.
Pour l’éliminer, ne pas utiliser de motoculteur ou de binette qui coupent les rhizomes mais griffer ou bêcher avec une fourche-bêche pour retirer les rhizomes dans toute leur longueur. Surveiller la germination qui repart en mars et en octobre.
Oxalis
Ressemblant aux feuilles de trèfles, les oxalis) deviennent facilement vivaces en produisant de nombreuses bulbilles qui contribuent à la dissémination de la plante.
Pour l’éliminer, il ne faut surtout pas biner ni bêcher au risque de faire éclater les bulbilles encore davantage qui recréeront chacune une nouvelle plante. Mieux vaut les arracher délicatement en veillant à ce que la tige ne se coupe pas pour bien récupérer les bulbilles.

Chardon des champs
Tout petite déjà, le chardon des champs se reconnait à ses petits piquants bien visibles. Il ne faut surtout pas la laisser fleurir ce qui lui permet de disséminer un peu partout ses milliers de graines au gré du vent. D’autre part, plus elle grandit, plus ses racines deviennent profondes et drageonnantes.
Pour l’éliminer, il faut extirper le chardon avec une gouge ou l’arracher avec une bêche pour retirer toutes les racines. En effet, le moindre morceau restant en terre repart, c’est pourquoi le motoculteur est à proscrire ici aussi.
Egopode
Surtout rencontrée dans les sous-bois, ll ' égopode forme un couvre-sol difficile à supprimer du fait des longs rhizomes traçants très envahissants.
Pour l’éliminer, il ne faut pas non plus disperser et couper les rhizomes avec un motoculteur ou une binette, il convient plutôt de tenter de les retirer au maximum en utilisant une griffe ou une fourche-bêche.
Mouron rouge ou mouron des champs
Le mouron rouge comme le mouron des oiseaux (Stellaria media) sont des plantes annuelles qui s’incrustent facilement dans les jardins, avec leurs tiges rampantes. La floraison contribue également à la dispersion de graines.
Pour l’éliminer, il convient de l’arracher avant la floraison : heureusement, il n’est enraciné qu’en surface et s’arrache bien à la main ou avec une binette.
Renoncule rampante
Ce joli bouton-d’or, la renoncule est très vigoureux et se dissémine par ses stolons d’une redoutable ténacité dans les gazons humides, sans oublier que le vent contribue également à disperser ses graines.
Pour l’éliminer, il faut intervenir idéalement avant la floraison et enlever chaque rosette avec ses stolons en se servant d’une fourche-bêche.
Ronce
Vous aimez cueillir des mûres mais vous préférez aller vous balader plutôt que de les récolter chez vous ? Vous avez raison car les stolons de cette plante ligneuse, la ronce s’enracinent avec une facilité étonnante et une vigueur extrême.
Pour l’éliminer, arrachez à la bêche les jeunes plantules, et utilisez une pioche pour venir à bout des robustes racines des ronces plus anciennes ; vous devrez même renouveler l’opération dès que des repousses apparaitront.
Plantain
Ce plantain lancéolé se caractérise par ses feuilles lancéolées disposées en rosette et sa large racine. S’il n’envahit pas la pelouse ou les allées du jardin, tout va bien mais s’il se dissémine trop vous devrez le stopper.
Pour l’éliminer, vous devrez arracher sa racine imposante en utilisant un couteau désherbeur ou une gouge.

Liseron des champs
Certains regretteront de devoir s’attaquer au liseron des champs qui a un certain charme lorsqu’il grimpe sur un grillage. Seulement, il faut savoir qu’il gagne de plus en plus en surface mais également sous la terre : ses racines sont extrêmement longues, ramifiées et profondes (jusqu’à plus d’1 mètre).
Pour l’éliminer, il faut régulièrement couper les tiges et arracher au maximum les racines. A force d’acharnement et de patience, le liseron jettera les armes !
Pissenlit
Le pissenlit devient une mauvaise herbe si votre gazon se transforme au printemps en magnifique champ de fleurs jaunes. Veillez à ne pas laisser fleurir ni monter en graines les pissenlits dont les graines se disséminent aisément avec le vent. Et ne laissez pas de morceux de racines, prompts à repartir.
Pour l’éliminer, avec une gouge ou un couteau désherbeur, vous devrez extraire la racine. Sinon, vous pouvez en faire votre salade lorsqu’il est jeune !
Les mauvaises herbes : pas toutes si mauvaises !
L’étude des mauvaises herbes, la malherbologie, est une science inventée au milieu du XIXème siècle par James Buckman, pharmacien chimiste anglais et Thilo Irmisch, botaniste allemand. Pour la première fois, la morphologie des mauvaises herbes était décrite. Toutefois, aujourd’hui, l’approche a évolué et elle permet de distinguer les herbes amies des herbes indésirables.

Les termes adventice, qualifiant les herbes poussant à un endroit où elles ne sont pas souhaitées, ou mauvaise herbe, expression surtout utilisée en agriculture lorsqu’une plante pousse accidentellement dans une culture, sont tous deux communément utilisés.
Les bonnes "mauvaises" herbes
Certaines "mauvaises" herbes participent à la préservation de la biodiversité en servant de gîte à la faune utile comme les insectes pollinisateurs qui peuvent se nourrir du nectar de celles qui fleurissent tôt en fin d’hiver ; d’autres nourrissent les oiseaux avec les graines ou baies qu’elles produisent et certaines enfin doivent leur existence uniquement à des mauvaises herbes bien précises :
- plantes qui attirent les insectes pollinisateurs : marjolaine, origan, pissenlit, berce, chicorée sauvage, bardane, lierre, eupatoire, lamier, bourdaine…
- plantes qui attirent les insectes auxiliaires : centaurée, fenouil, ortie, lierre, pâquerette…
- plantes nourrissant les oiseaux : sureau, lierre, graminées, lierre, aubépine, renouée, plantain…
- plantes insecticides : tanaisie, fougère aigle…
- plantes servant à des préparations soignant d’autres plantes : consoude, orties, soucis…
- plantes bonifiant le sol : rumex, trèfle, fabacées…
- plantes médicinales qui soignent : sauge, bouillon blanc, bleuet, chélidoine…
- plantes ornementales qui sont jolies : pavot, bleuet, campanule, nigelle, pied d’alouette, scabieuse, lierre…
- plantes comestibles : pissenlit, cardamine, ail des ours, fenouil, pourpier, ortie, jeunes feuilles de pâquerettes…
Les mauvaises herbes à surveiller
Certaines mauvaises herbes sont à craindre du fait de leur caractère expansif ; elles sont donc à éliminer dès qu’elles pointent le moindre bout de tige : oxalis, chiendent, armoise, bardane…
Surveillez aussi celles qui se développent plus vite qu’il ne vous faudra de temps pour programmer leur désherbage : chardon, renoncule rampante, prêle, liseron, ronce, sans oublier l’ambroisie qui, en plus, est extrêmement allergisante ou le datura et la brione dioïque particulièrement vénéneuses.
Comment se propagent les mauvaises herbes ?
Les mauvaises herbes sont particulièrement ingénieuses, elles se sont adaptées à nos pratiques culturales de mille façons : pour échapper aux outils qui travaillent la terre en surface, leur système racinaire se développe encore plus profondément (liseron), pour passer inaperçues, elles se fondent au milieu de plantes ressemblantes (le chiendent dans le gazon), pour survivre aux désherbants, elles résistent ou séparent leurs rhizomes afin d'éviter que toute la plante soit touchée, pour se multiplier plus efficacement, elles profitent du motoculteur qui coupe les racines comme autant de boutures (renoncule rampante, chiendent) ou elles germent toute l’année en produisant des quantités de graines (mouron), etc.

La nature est bien faite, comme on dit !
Désherber : oui, mais avec discernement
Le désherbage doit être fait, bien sûr, à proximité de la maison, pour des raisons esthétiques et d'entretien soigné, ou au potager pour éviter que les mauvaises herbes concurrencent trop les plantations, se ressèment spontanément, propagent des maladies ou entretiennent une humidité excessive.
Mais, il est tout à fait judicieux pour la biodiversité de conserver des secteurs de votre jardin, plus naturels, tout en gardant un œil sur les adventices les plus encombrantes (ronces, chardon, rumex…).
N’utilisez jamais de désherbants chimiques : les dégâts qu’ils provoquent sur la santé et l’environnement sont catastrophiques et à l’échelle d’un jardin, il est tout à fait possible de s’en passer en préférant des alternatives naturelles ou manuelles
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